Vertiges grecs.

Vestiges grecs.

Et le vide fut pensé par les grecs, déjà…

« Ce monde n’a été fait par aucun des dieux ni par aucun des hommes; il a toujours été et sera toujours feu éternellement vivant, s’allumant par mesure et s’éteignant par mesure ». Héraclite. VIe siècle av. JC.

 

L’exclusion d’un dieu fondateur est à l’origine de la démarche explicative du monde, qu'elle soit philosophique ou scientifique. Aussi deux approches distinctes expliquent le monde perceptible; celle divine, « Il sait » et celle de la syntaxe logique, «  nous savons ». Aussi concevoir le monde sans mythes, sans génies et sans hommes ni dieux propose une puissante alternative aux divers chemins de la pensée et de la réflexion.

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Le mouvement ou le changement.

A eux de choisir !

VIe siècle avant… déjà.

 

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La cité grecque de Milet, sous la plume de Thalès, Anaximandre et Anaximène se démène. Ces philosophes proposèrent alors une des premières théories explicatives de la nature [phusis - du latin natura - ce sur quoi porte l’enquête]; une des premières tentatives de réflexion logique où la raison s’affiche.

imagesCAE65EWKIci le récit mythologique, les rois mythiques et les puissances divines ainsi que le transcendant [le monde hypothétique de l'au-Delà] s’effacent au profit d’une articulation logique fondée sur l’observation, l'expérience et la raison, c'est-à-dire la théorie. Celles-ci tentent d'expliquer l'immanent, le fonctionnement du monde de l'en-Deçà. 

« La nouvelle donne s’exprime en prose et non plus en vers ». JP. VERNANT.

 

La matièreAinsi dans la pensée grecque, de l’unicité primordiale, d’une « nature immuable » émerge un mouvement propre, un principe de croissance expliquant les transformations observées. Ce principe évolutif pour les Anciens est intérieur, propre à la « substance primitive ».

S'impose dès lors le mystère premier; définir ce qui est et ce qui évolue.

imagesCAUX1YYRDans l’ouvrage sus-cité (non grecque) de Mme DALIBAR, [Qu’est-ce que la Matière - Edition du Pommier] ces changements sont dénués de tout dessin intentionnel. Ainsi une conception raisonnable et purement mécaniste du fonctionnement de la nature émerge à ses débuts. « Aussi est-il évoqué des processus mécaniques et même laïques dont le moteur est un principe interne ».

Un siècle plus tard, Parménide, un grec toujours, met bat l’édifice de ses prédécesseurs en évoquant la nécessité de définir « ce qui est » [de toute éternité] et d’où ne peut provenir « ce qui n’est pas ».

Parmenides

Buste de Parménide. [WIKIPEDIA Encyclopédie].

Parménide s’exprime dans un poème dont seulement quelques bribes nous sont parvenues; « Sur la nature ou sur l’étant ».

L’argument est le suivant; le changement envisagé par les Milésiens est impossible car du stable immuable primordial (originel) ne peut naître du « sera ». No future !

« Et du est ne peut-être du sera ».

 

Parménide.

Les cavales qui m’emportent au gré de mes désirs, 

se sont élancées sur la route fameuse de la Divinité, qui conduit partout l’homme instruit; c’est la route que je suis, c’est là que les cavales exercées entraînent le char qui me porte...

Guides de mon voyage, les vierges, filles du Soleil, ont laissé les demeures de la nuit et dans la lumière écartent les voilent qui couvraient leurs fronts.

Voici la porte des chemins du jour et de la nuit, 
avec son linteau, son seuil de pierre, 
et fermés sur l’éther ses larges battants, 
dont la Justice vengeresse tient les clefs pour ouvrir et fermer.

... II n’est plus qu’une voie pour le discours,
c’est que l’être soit; par-là sont des preuves 
nombreuses qu’il est inengendré et impérissable,
universel, unique, immobile et sans fin.

Il n’a pas été et ne sera pas; il est maintenant tout entier, un, continu.

... écoute le décevant arrangement de mes vers. 
On a constitué pour la connaissance deux formes sous deux noms; c’est une de trop, et c’est en cela que consiste l’erreur.

On a séparé et opposé les corps, posé les limites qui les bornent réciproquement...[Traduction du poème de Parménide par Paul Tannery]. 

Il semble s'affronter dans l'univers et les vers de Parménide le un de l'Être unique à la dualité de la théorie atomique... décevante.

 

Parménide posa le premier que l’Être est immobile et un. « C’est si peu de chose que ce qui est : des points dans le vide, ou tout comme. L’essentiel est ailleurs, dans les lois qui gouvernent ces -presque rien- Faut-il d’ailleurs parler de lois ? …car le mot peut prêter à dérives ». [OMNÈS Roland. Alors l’un devint deux. Flammarion].

Ainsi se posait dès l’origine la question fondamentale de la naissance des choses. Un monde immuable et éternel se dispense d’une origine alors qu'un monde en évolution induit la délicate notion de sa « chronologie »; de l’avant et de l’après…  

Et l’Origine des choses s’invita dans la danse.

Et il danse encore...

 

imagesCAB3Y6C1L'ile de Santorin.

En réponse à l’argumentation de Parménide, ses héritiers, grecs bien sûr, inventèrent au IVe siècle le vide et l’atome. Aussi d’un côté l’éternel et l’immuable- les atomes insécables; l'indivisible.

De l’autre, le vide- un espace neutre et indifférent.

[Ce concept de vide se traduit par un mot qui signifie « moins que rien », den; mot issu du grec mêden, « le rien ». Françoise BALIseBAR. _ Non ! Ne vous barrez pas, madame, j’ai encore besoin de vos écrits...] 

 

imagesCAIIVB0DCependant une « dualité » est ici introduite et le un se fit deux. Emerge de cette conception duelle du monde une multitude, les insécables atomiques. Et voici déjà les « Grands nombres » et leur cortège d’interrogations... En émerge les indispensables calculs statistiques. Aussi la pensée duelle atomiste imposa la multitude… et dès lors le calcul statistique.

« Ce qui existe est multiple car constitué d'atomes ». [OMNES Roland].

 

GrèceLeucippe, Démocrite et Lucrèce firent se rencontrer les atomes dans le vide d’une façon tout à fait aléatoire. Cette notion de rencontres, de chocs est le seul lien envisagé.

« L’atomisme est un matérialisme mécaniste. L’Univers est formé d’atomes associés en combinaisons fortuites ». Le petit ROBERT 1.

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france 5.fr - Le Balbusard (grec) qui abuse.

Les atomes ont une taille et une « figure ». Ils possèdent également une trajectoire. Epicure leur ajouta du poids et le hasard, l’aléatoire des rencontres… Et ces atomes sont qualifiés d'insécables, c'est-à-dire d'indivisibles car les grecs les pensaient élémentaires.

« Mais… les édifices que composaient les atomes n’étaient pas stables… il n'existait aucun lien... même si rien, absolument rien ne pouvait modifier la nature des atomes; seuls constituants éternels de la matière, à l’abri du temps ». [Etienne Klein. Les secrets de la matière. PLON. 2008].

Cependant atomes et vide autorisent le mouvement au sens grec d’une "substance en évolution".

meregeeWikidive.com - La mer Egée.

Survint alors Aristote, tête de linotte,…Le changement [de la Substance] n’est possédé que par les « êtres naturels », seuls détenteurs du principe d’évolution- Mme Balibar.

Une dualité reste affirmée mais les atomes sont délaissés. Ils resteront oubliés durant 1500 ans environ… puis progressivement redécouvert à partir du XIXe siècle.

« L’univers a toujours existé et il existera toujours, éternellement semblable à lui-même. Un univers éternel et statique ». [Hubert Reeves décrivant ce point de vue particulier. Dernières nouvelles du Cosmos].

imagesCAEUCXZ2Lejoyeuxbazar.fr

La dualité.

Les premiers philosophes-physiciens recherchèrent inlassablement une explication aux changements observés dans la nature. En premier lieu ils exclurent le concept délicat de l'Origine par l’instauration d’une nature immuable, dès lors sans origine ni fin. Cependant émergea de ce monde statique la nécessaire « dualité » apportant réponse à l’argument parménidien; « du est ne peut-être du sera ». Ainsi de l’immuable ne peut germer aucun devenir, aucun futur…

Arriva Archimède (-VIe siècle) le pas Mède avec l’idée nécessaire, « Donnez-moi un point d'Appui et je soulèverais le monde ». Cependant toute dualité impose l'usage d’un repère posé comme un a priori. Dès lors l’histoire des sciences et de la philosophie ne sera plus  qu’un long et lent cheminement en recherche du point d’Appui indispensable.

_ Naturellement papa, il est nécessaire de décider par quel bout de la lorgnette, de la dualité, la question peut honorablement se traiter !

Ainsi en philosophie comme en physique s’imposa la nécessaire « référence »; un a priori obligatoire posé avant tout discours…

Pour les savants atomistes se furent les atomes en lien avec le vide neutre qui composèrent la dualité nécessaire.

Ptolémée (+157) proposa la « Terre immobile et centrale » et Galileo Galilée (+1610) « l’inertie relativiste » délicate comme la référence nécessaire, le point d’appui stable sur lequel se reposer... enfin.

 

Galilée en réponse à l'observation directe du ciel donna sa définition personnelle du mouvement. Ainsi sous la plume acérée du savant, le concept du « changement de la substance » évolua sensiblement vers celui de « déplacement dans le vide d’un objet dont la substance intérieure reste intacte en dépit de son mouvement ». Et toujours cette immuabilité à préserver.

« La matière est ce qui persiste dans son être lors du mouvement. C’est parce que la matière reste inaffectée par le mouvement qu’il est possible de parler des positions de la matière-substance à divers instants »; note madame Balibar qui est restée.

_ As pas pur ! Mais est-ce bien sûr ?

 

Puis Albert Einstein enrichit les phénomènes relativistes galiléens de « phénomènes non galiléens »; un phénomène. Pour finir Max Planck se reposa en 1900 sur son minimum garanti; le « quantum minimum » d’énergie ou d’action.

_ Mais où est passé le maximum garanti, papa ?

Blog, c’est le sieur Maxwell avec sa physique statistique qui en 1875 le détermina. Il posa une Grandeur plafond indépassable, la « vitesse cosmique » maximale. Ou plutôt il émergea de ses quatre équations électriques et éclectiques [réduites ultérieurement au nombre de deux par Einstein] une vitesse de propagation maximale des ondes électromagnétiques dans le vide. Cette vitesse fut ensuite affectée à celle de la lumière; une vitesse constante, c'est-à-dire invariante et dès lors indépassable.

Ici un cadeau pépite d’Or apportée par l’équation.

LUCY d’Enfer. Le 9 Juillet 2015. En recherche d'accélération…

_ Blog, je t'interdis de traiter ta copine Clopî de "petite mêêêden" !..  de petite moins que rienne.

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Le mouvement dès l'origine s'impose comme un thème fondamental structurant la pensée humaine. « … Il n’en reste pas moins que le problème majeur qui éclipsait momentanément tous les autres était celui du mouvement : mouvement dans les Cieux, mouvement sur la Terre, et mouvement ou immobilité de la Terre ». DIU Bernard. Physicien.

 

eglise grecqueÉnième sommet de l’Euro-groupe à Bruxelles afin d’éviter le Grexit, qui excite. Août 2014.

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Messieurs Yanis RAVOUFÂKIR et Euclide TSAKOJOUÔLOTOS.

Ministres grecs des Finances.

eglise corseMYKONOS. Le cimetière.