Vertiges grecs.

Et le vide fut pensé par les grecs, déjà…

 

Polis 220 K°

Le mouvement ou le changement.

A eux de choisir !

VIe siècle avant… déjà.

 

grece 26 K°

 

La Cité grecque de Milet, sous la plume de Thalès, Anaximandre et Anaximène se démène. Ces philosophes proposèrent alors une des premières théories explicatives de la nature [phusis - du latin natura - ce sur quoi porte l’enquête]; une des premières tentatives de réflexion logique où la raison s’affiche.

imagesCAE65EWKIci le récit mythologique, les rois mythiques et les puissances divines s’effacent au profit d’une articulation logique fondée sur l’observation et la raison.

« La nouvelle donne s’exprime en prose et non plus en vers ». JP. VERNANT.

 

Ainsi de l’unicité primordiale, d’une « nature immuable » qui a toujours existé et existera toujours émerge un mouvement propre, un principe de croissance expliquant les transformations observées. Ce principe évolutif pour les Anciens est intérieur, propre à la « Substance primitive ». Et il porte en lui-même la diversité observée, la différence en devenir.

Cependant cette énergie évolutive et incompréhensible impose un mystère entier aux hommes de Milet. Ainsi d'un monde immuable et à la durée et aux immobilités surprenantes émerge une chronologie, c'est-à-dire un mouvement en opposition avec l'immuabilité décrétées des phénomènes.

S'impose dès lors le mystère premier; définir ce qui est et ce qui évolue.

 

imagesCAUX1YYRDans l’ouvrage sus-cité (non grecque) de Mme DALIBAR, [Qu’est-ce que la Matière - Edition du Pommier], ces changements sont décrits comme dénués de tout dessin intentionnel. Ainsi une conception raisonnable et purement mécaniste du fonctionnement de la nature émerge à ses débuts. « Aussi est-il évoqué des processus mécaniques et même laïques dont le moteur est un principe interne ».

Un siècle plus tard, Parménide, un grec toujours, met bat l’édifice de ses prédécesseurs en évoquant la nécessité de définir « ce qui est » [de toute éternité] et d’où ne peut provenir « ce qui n’est pas ».

 

Parmenides

Buste de Parménide. [WIKIPEDIA Encyclopédie].

Parménide s’exprime dans un poème dont seulement quelques bribes nous sont parvenues; « Sur la nature ou sur l’étant ».

 

L’argument est le suivant; le changement envisagé par les Milésiens est impossible car du stable immuable primordial (originel) ne peut naître du « sera ». No future !

« Et du est ne peut-être du sera ».

 

Parménide.

Les cavales qui m’emportent au gré de mes désirs, 

se sont élancées sur la route fameuse de la Divinité, qui conduit partout l’homme instruit; c’est la route que je suis, c’est là que les cavales exercées entraînent le char qui me porte...

Guides de mon voyage, les vierges, filles du Soleil, ont laissé les demeures de la nuit et dans la lumière écartent les voilent qui couvraient leurs fronts.

Dans les moyeux, l’essieu chauffe et jette son cri strident 

sous le double effort des roues qui tournoient 
de chaque côté, cédant à l’élan de la course impétueuse. 

 

Voici la porte des chemins du jour et de la nuit, 
avec son linteau, son seuil de pierre, 
et fermés sur l’éther ses larges battants, 
dont la Justice vengeresse tient les clefs pour ouvrir et fermer.

 

... II n’est plus qu’une voie pour le discours,
c’est que l’être soit; par-là sont des preuves 
nombreuses qu’il est inengendré et impérissable,
universel, unique, immobile et sans fin.

Il n’a pas été et ne sera pas; il est maintenant tout entier, un, continu.

 

... écoute le décevant arrangement de mes vers. 
On a constitué pour la connaissance deux formes sous deux noms; c’est une de trop, et c’est en cela que consiste l’erreur.

On a séparé et opposé les corps, posé les limites qui les bornent réciproquement...

Mais puisque tout a été nommé lumière ou nuit, et que, suivant leurs puissances, tout se rapporte à l’une ou à l’antre, l’univers est à la fois rempli par la lumière et par la nuit obscure; elles sont égales et rien n’est en dehors d’elles.

... tu apprendras les œuvres vagabondes de la Lune circulaire, sa nature; tu connaîtras enfin le ciel étendu tout autour, tu sauras d’où il s’est formé et comment la nécessité qui le mène l’a enchaîné pour servir de borne aux astres..

[Traduction du poème de Parménide par Paul Tannery]. 

 

Il semble s'affronter dans l'univers et les vers de Parménide le Un, l'unique au deux, à la dualité... décevante. De même le mouvement semble récusé au profit du « sans fin et de l'immobilité ».

« Parménide posa le premier que l’Être est immobile et Un. C’est si peu de chose que ce qui est : des points dans le vide, ou tout comme. L’essentiel est ailleurs, dans les lois qui gouvernent ces -presque rien- Faut-il d’ailleurs parler de lois ? …car le mot peut prêter à dérives ». [OMNÈS Roland. Alors l’un devint deux. Flammarion].

L’ensemble de la physique grecque cherchera à contourner cet argument de logique où la question du mouvement, du changement et de la chronologie devint centrale... Ainsi se posait en filigrane la question fondamentale de l’Origine des choses.

Selon le discours posé, un monde immuable et éternel se dispense d’une origine alors qu'un monde en évolution induit la délicate notion de sa « chronologie »; de l’avant et de l’après…

Un monde évolutif s'inscrit dans une chronologie évènementielle et impose de fait des priorités de survenues. Le concept de temps demande alors à être défini.

Et l’Origine des choses s’invita dans la danse.

Et il danse encore...

 

imagesCAB3Y6C1L'ile de Santorin.

En réponse à l’argumentation de Parménide, ses héritiers, grecs bien sûr, inventèrent le vide et l’atome. D’un côté l’éternel et l’immuable, les atomes insécables; l'indivisible.

De l’autre, le moins que rien, le vide; un jeu, un espace neutre dans les rouages du mécanisme. 

Ce concept de vide se traduit par un mot qui signifie « moins que rien », den; mot issu du grec mêden, « le rien ». Françoise BALIseBAR. _ Non ! Ne vous barrez pas, madame, j’ai encore besoin de vos écrits...  

« Ce qui existe est multiple car constitué d'atomes. [OMNES Roland]. 

 

imagesCAIIVB0DCependant une « dualité » est ici introduite; et le Un se fit deux.

Cependant une « dualité » est ici introduite; et le Un se fit deux. Un degré de liberté animant les phénomènes émerge de cette conception duelle du monde et le un se fait multitude par la présence des insécables atomiques. Et voici déjà les « Grands nombres » arithmétiques et leur cortège d’interrogations...

 

La première pensée relativiste imposa la dualité de la matière.

 

Grèce

Leucippe, Démocrite et Lucrèce firent se rencontrer les atomes dans le vide d’une façon tout à fait aléatoire. Cette notion de rencontres, de chocs est le seul lien envisagé.

« L’Atomisme est un matérialisme mécaniste. L’Univers est formé d’atomes associés en combinaisons fortuites ». Le petit ROBERT 1.

imagesCA2BE0SM

 

france 5.fr - Le Balbusard (grec) qui abuse.

Les atomes imaginés par les atomistes grecs ont une taille et une « figure ». Ils possèdent également une trajectoire parallèle. Epicure leur ajouta du poids et le hasard, l’aléatoire des rencontres… Et ces atomes sont qualifiés d'insécables, c'est-à-dire d'indivisibles car les grecs les pensaient élémentaires.

« Mais… les édifices que composaient les atomes n’étaient pas stables… il n'existait aucun lien... même si rien, absolument rien ne pouvait modifier la nature des atomes; seuls constituants éternels de la matière, à l’abri du temps ». [Etienne Klein. Les secrets de la matière. PLON. 2008].

« Mais atomes et vide inerte, impassibles… ne peuvent engendrer à soi seul le changement et la diversité »- note Mme BALIBAR [qui est restée].

Cependant atomes et vide autorisent le mouvement au sens grec d’une "substance en évolution".

meregeeWikidive.com - La mer Egée.

Survint alors Aristote, tête de linotte,…

Le changement [de la Substance] pour Aristote n’est possédé que par les « êtres naturels », seuls détenteurs du principe d’évolution- Mme Balibar.

Une dualité reste affirmée mais vide et atomes sont délaissés. Ils resteront oubliés environ 1500 ans… puis seront progressivement redécouvert à partir du XVIIIe siècle.

Aristote concevait le monde comme existant depuis toujours, mais n’ayant pas d’histoire fondant une cosmologie statique. 

« L’Univers a toujours existé et il existera toujours, éternellement semblable à lui-même. Un Univers éternel et statique ». [Hubert Reeves décrivant ce point de vue. Dernières nouvelles du Cosmos].

 

imagesCAEUCXZ2Lejoyeuxbazar.fr

Ainsi les premiers philosophes-physiciens recherchèrent inlassablement une explication aux changements observés dans la nature tout en excluant le concept délicat de l'Origine par l’instauration d’une nature immuable. En émergea une dualité physique reliant les atomes au vide primitif et neutre. 

 

Galilée en réponse à l'observation du ciel avec ses nouvelles lunettes astronomiques et hollandaises une définition radicalement différente du changement et du mouvement. Sous la plume du savant le concept de « changement » évolua vers celui d'un mouvement dans l'espace. « Le déplacement dans le vide d’un objet dont la substance intérieure reste intacte en dépit du mouvement ». Et toujours cette immuabilité à préserver.

« La matière est ce qui persiste dans son être lors du mouvement. C’est parce que lamatière reste inaffectée par le mouvement qu’il est possible de parler des positions de la matière-substance à divers instants ». Mme Balibar, toujours là.

_ As pas pur ! Mais est-ce bien sûr ?

 

La matièreArriva Archimède le pas Mède avec sa grande Idée;

« Donnez-moi un point d'Appui et je soulèverais le Monde ». Archimède. Savant et philosophe grec (287 avant Jésus-Christ). 

 

D'un monde duel émerge la nécessité de déterminer une « référence »; un a priori nécessaire à tout discours.

La deuxième pensée relativiste imposa l'usage d'un repère obligatoire.

LUCY d’Enfer. Le 9 Juillet 2015. En recherche d'accélération…

_ Blog, je t'interdis de traiter ta copine Clopî de "petite mêêêden" ! 

 

Le mouvement dès l'origine s'imposa comme un thème fondamental à la pensée humaine.

« … Il n’en reste pas moins que le problème majeur qui éclipsait momentanément tous les autres était celui du Mouvement : mouvement dans les Cieux, mouvement sur la Terre, et mouvement ou immobilité de la Terre ». DIU Bernard. Physicien.

 

eglise grecqueÉnième Sommet de l’Euro-Groupe à Bruxelles afin d’éviter le Grexit, qui excite. Août 2014.

schéma

 

 

 

eglise corse

Messieurs Yanis RAVOUFAKIR et Euclide TSAKOJOUOLOTOS.

Ministres grecs des Finances.

 

Bibliographie.

DIU Bernard. Traité de physique à l’Usage des Profanes. Odile JACOB. Sciences. 40 €.

Hubert Reeves.Dernières nouvelles du Cosmos.

Françoise  BALIBAR. JM LEVY-LEBLOND. R LEHOUCQ. Qu’est-ce que la Matière ? Edition du Pommier. Cité des Sciences et de l’Industrie.

Sciences et Avenir. N° 180. Jan/Fév. 2015.

Le petit ROBERT 1. Dictionnaire.