Logos Origines

La matrice élastique, une idée dense et riche en irrégularités.

Le processus d’agglomération de la matière est perceptible dès la période dite de la « recombinaison », 380 000 ans après l’ère de Planck. Le « fond diffus cosmologique», la première lumière observable dans l’univers témoigne de cette évolution. Le cosmos alors homogène et très jeune, un nourrisson, commence à se structurer, à se densifier en certains points. Aussi se distinguent très tôt la matière dense et massive, hétérogène du fond diffus cosmologique lisse et similaire de l’espace.

thCA0LG9YZ  Les Nébuleuses, ces immensités éthérées présentes au sein des galaxies constituent des zones de matière peu dense qui contrastent avec la dense matière concentrée, étoiles, planètes et astres de toutes sortes.

Aussi une hypothèse. A la fin de l’Ère de Planck [10-43 seconde après le Big Bang] le tissu de l’univers profondément homogène et isotropique éclata en une multitude infinie de fluctuations aux amplitudes asymétriques. Ainsi une granularité, une irrégularité pris corps dans le continuum initial profondément lisse, symétrique et similaire en tout point. En émergea une diversité de densité à l’origine de la matière dense et pesante tranchant sur les zones dénuées de toutes masses.

Puis ces fluctuations primitives se trouvèrent étirées et amplifiées par l’Inflation, cette expansion faramineuse du tissu espace-temps lui-même. Aussi ces disparités se perçoivent dans le Fond diffus cosmologique, la première lueur du cosmos observable et âgé de seulement 300 000 ans après le début de l’univers. Cette lumière fossile, comme la nomme Hubert Reeves, ce flash de lumière intense mais bref dans l’univers noir signa la naissance de l’atome d’hydrogène. 

 

Mais que nous dit-il, le fossile ? demande Clopî, interloquée.

Un peu plus dense, un peu plus chaud, un peu plus courbé, un peu plus rapide ici ou là… de quelques millionièmes de différence seulement… mais surtout, un cosmos plus dilaté ici que là, plus contracté ici que là. Et sur ces différences de densité et d’agitation, d’accélération et de torsion, s’imposa la présence ou l’absence- le différent ou le similaire.

Fond diffus 196 K°

Le Fond diffus cosmologique mesuré par le satellite Wmap. Sur un fond homogène et lisse se démarque des hétérogénéités surprenantes, prémisses de la matière en devenir. [Mensuel Science et Vie].

 

La densité locale. Le grand régulateur.

« Là où la matière est dense, l’espace adopte une courbure positive… et cela simule une attraction. Les zones très peu denses, ces gigantesques bulles de vide, adoptent, elles, une courbure négative… qui mime l’effet d’une force répulsive » explique Thomas BUCHERT, astrophysicien.

Un univers non homogène (et ainsi relativiste) apporte une répartition de la matière et donc de la masse variable selon les régions du cosmos. Et le tissu espace-temps se tord en fonction de la densité locale ». Sciences et Avenir. Février 2015. N° 816. Le mystère de la matière noire. Dossier réalisé par Azar Khalatbari.

S’impose au travers de ces disparités de densité une localisation des phénomènes physiques. Et voici une conséquence cruciale du fonctionnement relativiste de l’univers. 

_ Papa ! Tu vas nous refaire le coup de l’élastique et du lance-pierres !

Oui bref, ce fossile nous raconte une métrique spécifique, celle de la géométrie déformable de l’espace-temps élastique d’Albert Einstein; une géométrie aux dimensions de temps et d'espace variant localement. [contraction-attraction // dilatation-répulsion]. Ces variations de courbures de l’espace-temps élastique, ces torsions complexes déterminent localement la formation et le comportement des objets de matière pesante et des objets sans masse les uns par rapport aux autres.

Chronos Univers 200 K°

Aussi Trous noirs, étoiles massives de première génération, amas de gaz et de poussières, nébuleuses, galaxies primitives hypermassives… peuplèrent progressivement (mais dans quel ordre ?) le vide initial dénué de toute matière. Et seulement 400 à 500 millions d’années pour ce faire ! Ainsi IOK-1, la galaxie la plus jeune observée à ce jour est apparue il y a quelques 700 millions d’années après l’Ère de Planck. Les galaxies les plus jeunes non encore observées actuellement doivent dater de 400 millions d’années seulement après le Big Bang.

Aussi d’infimes différences purement géométriques et quelques fluctuations asymétriques d’énergie seraient à l’origine de la matière bien pesante. D’un simple différentiel de densité nait la « matière ordinaire » dans un monde élastique. … mais suffisamment pour que ces infimes fluctuations primordiales soient amplifiées sous l’effet de leur propre gravitation. Elles deviennent ainsi -de plus en plus denses- jusqu’à donner naissance aux premières étoiles et galaxies… quelques milliards d’années plus-tard. [Hors-Série « l’OBS ». Janv-fév 2016].

_ Ainsi papa la matière n’aurait comme origine qu’une simple « différence » dans le tissu cosmos ? De stupides irrégularités à l’empreinte persistante. Un vulgaire parasite de télés ! Exact blog. Cependant ce processus mystérieux d’agglomération de « quelque-chose » constitue une énigme méta-physique incommensurable de même qu’un mystère physique complexe difficilement évaluable.

 

Un fait cependant ! Emerge du Néant le quelque chose d’impalpable, le similaire; un similaire qui se distingua progressivement dans les différences construites. Et voilà la question métaphysique cruciale, la seule qui vaille.

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Image du Fond diffus cosmologique enregistrée par le satellite Max Planck en 2013. Et voici l’image la plus précise existante à ce jour de ce vestige de lumière première. [Revue Ciel & Espace. Janvier 2015. N° 536. Alain CIROU]. 

… « relativement homogène sur l’ensemble du ciel, le Fond diffus présente cependant d’infimes fluctuations, prémisses des grandes structures de l’univers ».                             

 

Le Fond diffus cosmologique. Et c’est logique.

Le Fond diffus cosmologique est un bref flash de lumière émis dans le cosmos 380 000 ans après l’Ère de Planck. Puis cet éclat fut suivi par 400 millions d’années d’obscurité, un retour aux Âges sombres de l’univers où ne brillait aucune lumière visible. Enfin apparurent les denses étoiles scintillantes qui dès lors illuminèrent de leurs milliards de feux le noir fondamental. Cependant cette lumière fossile reste perceptible actuellement dans l’ensemble du cosmos, bien que « diluée et déformée »; mais surtout très refroidit et peu énergétique. Ainsi la température et la densité globale de l’univers décroit continument depuis 13,4 milliards d’années.

thCAYZ5FKCUn monde nébuleux de faible densité, les Nébuleuses éthérées.

A l’origine ce rayonnement électromagnétique fut émis dans l’infra-rouge, de la simple chaleur. Cependant l’expansion et le refroidissement du cosmos l’étirent jusqu’à nos jours en un rayonnement micro-ondes bien moins énergétiques et plus plus froid.

L’inflation et l’expansion continue du cosmos ont ainsi étiré ce rayonnement comme un vulgaire élastique et en ont allongé ses longueurs d’ondes. Reste visible un rayonnement de 2,7 degrés d’amplitude au-dessus du zéro absolu [- 273°]. Aujourd’hui ces ondes radios sont perceptibles sur les écrans de télévision où elles composent 1% de la « neige » perceptible. Le Fond cosmologique est équivalent à l’intensité du rayonnement du corps noir affecté d’une température de 2700 degré Celsius. 

Qu’est-ce qu’un corps noir ? Un corps noir est un objet fictif qui absorbe toute l’énergie présente en un lieu, mais la rejette immédiatement en fonction des paliers de température localisés dans le cosmos. Le corps noir est un objet théorique qui ne réfléchit ni ne filtre aucune onde de quelques fréquences que ce soit. Son équation établit une proportionnalité rigoureuse entre l’énergie absorbée ou rejetée par un objet massique selon le contexte extérieur de température. Une relation précise se mathématise entre l’intensité d’une radiation rayonnée ou absorbée par un objet massique « noir » et la longueur d’onde du rayonnement.

_ Le corps noir est une sorte d’objet « perméable » totalement ouvert à l’énergie. Cet objet se vide ou se remplit sans freins d’énergie selon la température ambiante.

_ Il est un peu bête le corps noir; il ne réfléchit pas beaucoup. 

Emerge simultanément et en tout point de l’univers un flash de lumière allumant un bref instant l’univers. Ainsi 380 000 ans après le puissant évènement primordial que nous nommons “big bang”, l’espace s’est refroidi à 2700° C ce qui autorise le noyau d’hydrogène constitué d’un seul proton à s’unir aux électrons libres qui faisaient barrage aux photons voyageurs de lumière. Les grains de lumière ou photons se libèrent alors de l’emprise des électrons et des protons. Les électrons encouragés par des températures et une densité très élevée opacifiaient jusque-là l’Univers ». http://www.lecosmographe.com/blog/planck-carte-detaillee-univers-380000-ans-apres-big-bang/

Deux phénomènes simultanés se produisent à la température de 2700° Celsius. Ainsi la constitution de l’atome d’hydrogène H [1 proton + 1 électron] est simultanée à l’émission du premier flash de lumière encore observable de nos jours bien qu’affaiblit, un flash de photons… pas tout à fait homogène.

L’observation de ce flash correspond à un rayonnement dont la courbe d’émission est similaire à celle prédite par l’équation quantifiée du rayonnement du corps noir conçue par Max Planck pour la température de 2700° Celsius. Cette correspondance valide la quantification de l’énergie et l'équation de Max Planck conçue en 1900.

Ce rayonnement fossile traduit l’état d’équilibre parfait existant entre la lumière [le rayonnement des photons sans masse] et la matière [les objets matériels massifs] pour une température du cosmos globale de 2700° Celsius.

courbe corps noir

Courbe quantifiée par Max Planck en 1900 donnant l’intensité du rayonnement d’énergie émis pour chaque fréquence du spectre v [ou pour chaque longueur d'onde]par un objet localisé dans un contexte thermique T global et extérieur à l'objet. Ainsi tout évènement physique centré en un point D se produit dans un environnement thermique spécifique. 

L’astre Solaire possède un comportement de corps noir quasi-parfait à la température d’environ 5500 Kelvin. Ceci signifie que l’intensité du rayonnement solaire émis localement correspond pleinement à celui du corps Noir tel qu’il est prévu par l’équation quantifiée de Max Planck pour une température extérieure globale T du cosmos de 5500 degrés Kelvin.

 

Les effets relativistes résultant de la théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein conçue en 1905 sont de quatre sortes.

1- La contraction des longueurs observées.

2- Le ralentissement de la vitesse du temps mesurée.

3- La perte de la simultanéité comparative.

4- La localisation inhérente à toute observation, mesure ou comparaison.

Voile lactée 221 K°

La voie Lactée observée de la planète Terre; une vue d’intérieure. [Photographie Internet].

BAYLOT Michel. Le 15 Novembre 2015. Un brin courbé et massique.

Biblio Fond diffus 111 K°

Le « principe cosmologique » postule un cosmos homogène dans toutes les directions. Il autorise ainsi l’utilisation mathématique d’une distribution moyenne et identique de la masse de la matière dans tout l’univers connu. Alors une courbure globale et moyenne de l’univers (sensiblement nulle – une courbure voisine du plan) peut se penser. Nul ?

Cependant, un univers hétérogène et relativiste induit une distribution variable de la masse toujours locale et une courbure de l’espace//temps relativiste, c'est-à-dire composite. La constante cosmologique alors n’est plus fiable et cède la place à des quantités ponctuelles locales et dès lors variable. Cela complique un brin les équations relativistes mais autorise probablement l’élimination de l’énergie sombre et de la matière noire, ces inconnues hypothétiques. Plus besoin ! [Sciences et Vie. N° 816. Février 2015. BUCHERT Thomas].