L’horizon se dérobe à nos yeux et sous nos pieds, dans l'instant. Et notre regard se trouble; il ne sait plus.

Il ne sait plus à quels Saints se vouer.

Il ne sait plus à quelles références se dévouer.

ArteMarin de la Vendée Globe. Année 2016-2017. Vincent RIOU, skipper de « PRB ». Et ça tangue le Tango, qui dit oui, qui dit non; qui dit je t’attends…  aux Sables d’Olonne. [Actualités France 2].

« Nous sommes incapables de déterminer si nous sommes immobiles ou si nous nous déplaçons à vitesse constante » - affirme Galilée en conclusion d’une de ses plus précieuses expériences de pensée.

« Aucune expérience mécanique, même les plus sophistiquées ne permet de déterminer si nous nous déplaçons à une vitesse constante ou si nous restons au même endroit, immobile » - insiste Galilée Galileo auprès des plus sceptiques.

« Ayant écarté le témoignage visuel comme témoin fiable, nous allons donc placer notre confiance dans les mathématiques ». [David Blanco Laserna. Le Monde, la vie. Hors-série. Collection Génies de la Science].

Aussi la fiabilité de l’observation même la plus fine, fut contestée abruptement par la science et la réflexion. Dès lors le concept de « réalité » défini par le regard seul ou le point de vue même finement appareillé se trouva irréductiblement amoindri et flétri. Cependant les mathématiques eurent la prétention de suppléer à la défaillance.

 

L’instant relativiste de monsieur Encyclorthopédique.

Où se situe l’horizontale, exactement ?

Sous le soleil, exactement…

Sous le soleil, sous le soleil,

_ Voyons ! L’horizon ne peut-être qu’horizontal ! Simple ! me dit Clopî qui s’incline  devant son évidence.

C’est la relativité du monde qui s’affiche [et s’en fiche] dans la photographie. Ainsi l’horizontale ne se situe nulle part hors des « comparaisons » fondatrices. Dès lors, à nous seuls de choisir notre référence et notre horizon ! Et notre préférence.

Angle thêta invariant 130 K°Selon la photo la mer est horizontale ou inclinée, à volonté comme les buffets.

113 K° angle thêta invariantSelon la photo le bateau est horizontal ou incliné, à volonté comme les buffets.

Aussi faut-il décider de ses inclinaisons et de ses horizontales et faire ses choix de déclinaisons. Ainsi la nature a-t-elle « choisi » pour les Terriens une mer toujours horizontale, et elle n’en démordra pas.

Bref ! Systématiquement l’horizon marin se dessine dans notre regard en rectiligne horizontal et seul parfois l’homme s’incline…Cependant la photographie reste sans opinion et nous autorise à mettre l’horizontale et l’oblique là où cela convient, en tout arbitraire. Merci Picasa qui sert à ça.

Unique obligation intangible, les horizontales et les obliques seront indéfectiblement liées entre-elles dans leurs déclinaisons et leurs rapports. Et seul l’angle « thêta têtu » aigu sera l’invariant de l’histoire. Et ici l’invariant se fait géométrie.

_ Heureusement qu'il n'est pas trop bêta ton angle thêta ! 

Mais dans quel terreau les « invariants physiques » plongent-ils leurs racines indiscutables et irréductibles ? La supplique émouvante d’Archimède dans sa quête obstinée et prégnante du point d’appui fondamental et de stabilité énonce crûment la nécessité impérieuse d'une référence fiable.

« Donnez-moi un point d’Appui et je soulèverais le monde ». Archimède en quête de vérité. -IVe siècle.

 

Aussi ne nous suffit-il pas de suivre l’axe de notre regard en quête de repère stable et fiable; ici sur la photographie l’éventuelle « horizontale » en fond marin. Ainsi ne célébrons pas exagérément les référentiels trop pépères et friables et alors interrogeons les évidences trop appuyées ! De préférence pêchons à la ligne les horizons « convenables » et décidons de leurs inclinaisons. Mais ne déclinons pas trop.

La géométrie de l’espace(temps) spécifique à la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein [année 1915] utilise des « invariants » à l'origine d'une géométrie particulière nommée « la métrique ». Cette géométrie s’exprime en chaque point de l'espace par la conjugaison de deux paramètres physiques « invariants », la « distance parcourue » alliée à la « courbure » de l’espace tétradimensionnel, un espace uniquement géométrique conçu par Hermann Minskowski. Cet espace particulier est entièrement « géométrisé » et traite le temps comme une quatrième dimension identique dans sa qualité aux trois autres. L’espace(temps) ainsi harmonisé s’articule aisément dans le langage mathématique. L’expression mathématique de cette dimension spatiale est : -c²dt². En émerge un espace à la géométrie élastique et ainsi à la structure déformable. Cependant ces déformations évoluent indépendamment de l’influence des observations ou des mesures physiques.

La métrique reflète ces transitions, ces variations géométriques en faisant "varier" harmonieusement les constantes en lien, d’un point à l’autre du tissu espace(temps). 

« Constituée d’invariants, l’équation d’Einstein garde la même forme quel que soit l’observateur et son lieu d’observationLes phénomènes physiques décrits dans la métrique ne dépendent plus du système de coordonnés utilisés, c’est-à-dire qu’ils ne dépendent plus du point de vue choisi, celui de l’observateur [Nda : ou de l'expérience entreprise ou de la mesure effectuée  ». [David Blanco Laserna. Le Monde, la vie. Hors-série. Collection Génies de la Science].

A l’inverse les « référentiels inertiels », [les systèmes de coordonnées rigides et immobiles] proposés par Galileo Galilée en 1630 dépendent de l’observation qui « déforme » alors les phénomènes observés. Ces déformations inhérentes à tout regard imposent les effets relativistes. Dans ce cadre de dépendance, les mesures physiques se construisent en fonction du point de vue et du lieu choisi par l’observateur. Aussi émerge de cette dépendance des jeux de miroirs aux effets déformants qualifiés « d’effets relativistes » car issus d’une interaction. Dès lors une étrange réalité localisée et orientée se construit selon les points de vue ou les mesures physiques effectuées.

 

_ Papa ! L’horizontale choisie est-elle une ligne droite ou courbe ? Albert Einstein appelle « géodésique » toute trajectoire reliant deux points par le plus court chemin; celle qui nécessite le moindre coût en énergie. Ce chemin peut-être une ligne droite dans une surface plane 2D ou une ligne courbe dans une surface courbée par la courbure de l’espace(temps) 4D géométrisé de Minkowski. Le rayon de courbure de cet espace harmonisé est calculable en chacun de ses points.

Globe 216 K°

Ici le Globe terrestre nous met la tête à l’envers et notre « horizontale » maritime se courbe en une profonde révérence sous l’impact massif de la gravitation et sous le regard de taille planétaire. Ainsi l'horizontale se rectiligne ou se courbe selon « la masse et la taille » relative... du regard. Et encore une défaillance prononcée de la vision et de l'observation; et ainsi de la mesure physique.

 

Boussole masse

 Heureusement la boussole Galactique ne perd jamais le Nord mais n’amasse pas grande mousse... hors quelques mousses de temps en temps… mais ce n’est que de l’humous noir.

_ Elle n’indique jamais le nord ta boussole massique mais toujours le centre de la Terre !.. et de la mer. Elle va là où la densité est la plus forte.

En effet Clopî, et ce peut-être risqué pour les marins d’eau douce pousse-mousse. La densité de la matière est un paramètre d'essence relativiste issu de la comparaison des masses volumiques entre-elles et dont le rapport sera toujours signifiant.

70 K° vendée GlobeSébastien Destremau contemple son rêve et nous le fait partager. [Photographie LCI]. VendéeGlobe 2016-2017.

Le bonheur à lunettes et à trottinette. Vous remarquerez que le marin d’eau peu salée a pris soigneusement le temps de se rapprocher du cap Horn pour mieux lorgner le rocher. Il s’est alors irrémédiablement détourné de la compétition, désormais lointaine. Aussi tout marin choisit-il un jour ou l’autre son cap et son horizon.

Vendée Globe 171 K°[Vendée Globe 2016-2017. Photographie TF1]. Aussi l’eau respecte-t-elle scrupuleusement la direction imposée par la boussole massique. Elle trace dès lors son chemin « vertical et rectiligne » en accéléré vers le centre de la planète. Mais a-t-elle vraiment le choix de son parcours et de sa vitesse ?

Aussi une nécessité ! Déterminer un corpus « d'a priori » qui fonde le cadre de son discours. De fait dans l’univers de la physique, ces prémisses seront toujours des préalables entachés d'arbitraire car irréductiblement localisés, partiels et orientés. _ Désorientés ?

Dès lors le postulat premier devient une affirmation sans preuve. _ Mais tu ne peux pas le prouver, papa !

LUCY d’Enfer. Le 26 Janvier 2017. Un brin instable et mouvante.

Bibliographie.

JACQUARD Albert. La science à l’usage des non-scientifiques. Calmann-lévy. 91,20 FF.

David Blanco Laserna. Le Monde, la vie. Hors-série. Collection Génies de la Science.

RICHARD Véronique. Sculptrice.

Photographies VENDEE Globe. TF1.LCI.

Bronze bronzé 200 K°

L’Origine du monde. Bronze bronzé de Véronique RICHARD. Sculptrice Gannatoise.

La Maîtresse du Je et de la verticale.

_ Cependant ne calons pas !

Un corpus plein d'a priori.