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Galilée fit une rencontre, et elle fut explosive.

 

L'Acte quatrième imposa le point de vue crucial; celui de la longue vue. « Du spectacle entrevu durant la nuit du 9 Janvier 1610 de son observatoire de Padou, Galilée ne s’en remis jamais ! Il fut tant bousculé par sa vision qu’il devint l’un des plus grands savants à la pensée rarement égalée…».

20170117PisesVenusZodiacale-4000-768x691La planète Vénus s’observe parfois à l’œil nu lorsque la conjonction des planètes s'y prête. [Photographie Internet. PisesVenus Zodiacale-4000].

Certaines rencontres changent une vie et un homme. Celle-ci forma le vieux sage et déforma le vieux monde. Ainsi l’imposante planète Jovienne livra quelques-uns de ses secrets à celui qui savait regarder. Dès lors Galilée affronta les plus grands, les plus dangereux et les plus fermés. Il ne reculera jamais et relèvera le défi titanesque à la mesure de l’image qui s’imprima dans son regard en cette nuit incandescente. Ainsi Galilée Galileo prit feu.

 

Jupiter 212 K°Le satellite Io, le plus proche de la gigantesque Jupiter projette son ombre délicatement portée; une trace discrète en surimpression sur les tempêtes fabuleuses aux torsions d’enfer. 

Le savant utilisait pour son observation un instrument astronomique aux lentilles longuement polies par ses soins. Avec sa puissance de rapprochement révolutionnaire, un 10 fois la mise !. il était sûr de gagner… l’enfer ou le paradis, sur Terre. Puis il perfectionna son appareil pour atteindre le grossissement faramineux de 32 fois. Aussi le premier voyage dans l’espace fut réalisé par un humain immobile au vouloir insatiable.

« … L’image cerclée de cuivre, tremblotante mais d’une netteté jamais égalée à ce jour s’afficha dans le champ du curieux au regard fébrile. Ainsi l’immense planète se trouvait escortée par quatre mousquetaires, quatre objets célestes biens distincts. Jupiter n’était pas un objet solitaire évoluant seul dans l’immensité noire ».

Cependant le plus inadmissible advint après quelques minutes d’observation sidérale passionnée et sidérante Et nous voici de nouveau dans l’observatoire du Pisan penché… sur sa lunette et que voit-il s’imprimer dans son regard exacerbé à la veinule dilatée ? « … Oui ! C’est certain bien qu’impossible ! Et pourtant ? Cependant plus de doute ! L’incrédulité se meut en certitude puis en incrédulité. Et dans le regard stupéfait de l’ogre scientifique en éveil s’afficha une vérité inadmissible, gigantesque, incroyable… géante bien qu’un peu gazeuse !. » _ Papa ! Arrête de faire durer le plaisir; voyons. On n’en peut plus !.

 

Le capitaine casse- pipe. [Photographie Internet].

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Et ce fut la preuve incontournable qu’Aristarque de Samos avait eu raison; et ce fut la preuve certaine que Giordano Bruno avait eu raison... Et ce fut la naissance de l’un des plus grands mystères scientifiques auxquels fut jamais confronté l’homme dans sa quête de connaissances et de reconnaissances. 

_ Je n’en peux plus, papa !

T’en veux plus ?

Jupiter étoilée 176 K°-001[Montage internet du montage céleste]. Jupiter est cerclé par quatre de ses plus gros compagnons. Le (la) gigantesque en possède jusqu’à 74 de taille diverse. Mais le plus séduisant reste sans conteste IO, le balafré.

hd-aspect-1494523336-ioIO la malaxée. La verrue bleue au pôle nord de la photo est une immense éruption volcanique jaillissant de cet astre tourmenté et sulfureux aux courants de marée intérieurs intenses. Aussi ne fait-il pas bon d’habiter au voisinage d’une Géante puissamment malaxeuse. [Photo NASA].

« … un changement infime dans l’image portée par la lunette fut décelé. Tout d’abord imprécis, incertain, douteux; le frémissement deviné s’affirma comme incontournable dans sa réalité tangible. Et l’insensible devint perceptible ».

_ Il y avait des martiens sur Jupiter ?

 

… Ainsi dans le regard effaré du savant fou se déplaçait rapidement quatre points scintillants « autour » de la planète Jupiter, point central mais point fixe. De fait, un mouvement circulaire indépendant, exogène et grotesque tissait dans l’espace une ronde incessante dont la planète exotique en fixait le centre, irrémédiable !

Diable !

Un irréductible.

Une aberration totale !

Une inconvenance radicale !

Un impossible possible !

 

Diantre !

Un indubitable.

Une insulte à la raison.

Une salade de saison.

Un dantesque grotesque.

 

_ Stop papa ! On en peut plus, définitivement !

Sapristi !

Un patachon.

Une rime sans raison.

Une illusion.

Un abscons.

Stop ! « ...ainsi tourne autour de Jupiter quatre objets qui forment à eux cinq un système cohérent et indépendant. De fait deux mondes célestes distincts cohabitaient dans une dynamique rejetante et funeste bien que céleste ». L’incompréhension s’imposa au savant dans toute sa puissance rebelle. Et cette nuit fabuleuse signa la fin d’un monde.

 

Voici l’astronome Galilée avec deux centres  de l’univers avérés certains. Et toute la dynamique solaire et scolaire s’en trouva fondamentalement renversée et avec elle, 1500 ans de certitudes. _ Et tu oublies le Soleil ! Trois centres en concurrence, trois points d’appui, ça devenait compliqué à gérer; remarqua Clopî dans un déchirement de soie et de frou frou fou, en soi.

Il y avait ici au moins un danseur de trop ! Voir deux… Pour l’Eglise implacable ce fut le soleil, l’hérétique. Mais ils ne purent le réduire en cendres.

Pour Galilée ce fut le début d’une réflexion scientifique aux dimensions sans pareils. Et de cet arasement total de la pensée primitive émergea le concept fabuleux du « référentiel inertiel ».  _ On aurait intérêt à regarder Jupiter plus souvent, nous dit légèrement envieuse et copieuse Clopî.

 

Chagall_AdamRevenez ! L'exil selon Chagall, ou le péché originel, c'est selon... les points de vue.

Ainsi Galilée fut profondément déstabilisé par sa vision céleste. En réponse il s’interrogea sur la nature véritable du mouvement et de son impossible corollaire, l’immobilité.1500 ans de pensées immobiles furent alors soumises à la question et impitoyablement disséquées. _ La vérité sort rarement nue et crue du puit !.. Elle serait plutôt cuite. « Je suis cuite si vous n’êtes pas cru, maître », dit la cliente frémissante au professionnel impassible.

 

thCAVS0YA0La tache rouge jovienne s’estompe au fil des années traduisant l’affadissement du gigantesque cyclone de gaz de méthane âgé de « seulement » 400 ans.

 

L’exception cruciale.

L’observation Galiléenne affirma l’omniprésence du mouvement dans l’espace. De fait le mouvement imprime en permanence sa trace et son sillon dans l’univers. Cependant se distingue implacablement de cette ronde incessante, de cette totalité en mouvance permanente un objet iconoclaste fixe et irréductiblement immobile, la planète Terre. La planète Terre bénéficierait-elle d'un statut particulier dans l'univers ? ou bien...

Ainsi l’énigme posée par cet incompréhensible Amer isolé des tempêtes environnantes suggéra à Galilée le concept délicat « d’inertie ».

 

La cécité Galiléenne.

D’une « expérience de pensée » rustique, un observateur enfermé dans un espace clos successivement en mouvement régulier ou à l’arrêt, pour Galilée une cabine de bateau hermétiquement close; le savant déduisit l’incapacité définitive pour tout observateur de distinguer la présence d’un mouvement uniforme et rectiligne de… son absence.

Ainsi toute observation même appareillée, se révèle irréductiblement partielle et amputée d’une partie de son contenu.

« Le mouvement est comme rien ». Galileo Galilée.1610.

Pia21391Les vents de Jupiter. [Photographie NASA]. D’immenses masses de gaz en évolution permanente s’affrontent continument sur l’astre incompréhensible.

 

Le système isolé.

Se distinguent en physique les systèmes ouverts, fermés et isolés. Les systèmes isolés se définissent par l’absence totale d’interactions ou d’échanges avec le contexte, avec l’environnement. Ces objets « théoriques » sont globalement stables et invariants et persistent indéfiniment dans leur mouvement et leur trajectoire, à l’abri de toute perturbation « extérieure ». Et seul leurs « intérieurs » s'agitent et interagissent. 

Cette stabilité précieuse dans un univers où le changement est la règle fut nommée par Galilée, « l'état d’inertie ». Cet état définit une « invariance » fondamentale. Ainsi les mouvements rectilignes et uniformes dépourvus de toutes accélérations, de toutes variations de vitesse s’apparentent au concept d’inertie évoqué par le savant. De fait, la stabilité, l’uniformité ou la similitude, les mouvements réguliers s’opposent en physique à l’instabilité, à la variabilité et au différent; les mouvements accélérés. Ainsi de l’invariance et de la persistance d’un paramètre émerge l’état d’inertie.

Dans cette optique, l’observation est mise au centre de la démarche scientifique et philosophique et devient un acte actif, dépourvu de toute neutralité. L’observateur et ses expériences avec leurs résultats seront systématiquement « imprégnés » d’inertie et construisent dès lors une réalité d’observation étrangement interactive et orientée; et dès lors toujours localisée.

9db25e7c1b_50083185_jupiter-satgalilens-juice-esa-02[Montage Internet du montage céleste]. La tache rouge d’une planète qui se farde bien trop. Io la volcanique, Titan l’analogue terrestre, Encelade et son eau, et Europe la blanche glacée.

 

L’inertie Galiléenne.

Le principe inertiel affirme qu’un observateur même lourdement appareillé ne peut entièrement distinguer ce qui bouge régulièrement de ce qui ne bouge pas.

 

Bouger ou ne pas bouger ? Telle est la relativité.

[Bruce BENAMRAN*]

Bouger oui ! Mais… pour aller où ? 

1- L’inertie n’est pas une absence de mouvement; c’est un mouvement qui échappe partiellement à l’observation- que l'observateur soit minéral, végétal ou biologique. L’inertie est un mouvement dénué de variation qui persiste alors dans son état "d'équilibre".

Ainsi le mouvement invariant est partiellement dénué d’effets physiques observables, de ressentis palpables ou d’empreintes visibles. Ainsi l’invariance d’un paramètre (pour Galilée la vitesse instantanée), engendre une perception amputée qui se nommera ultérieurement « l’immobilité »; une sorte de cécité de perception. Les mouvements uniformes, sans accélération génèrent ainsi ce genre de manque, « d’imperception ». [Non !.. pas d’imperfection ou d'interception comme me le suggère le Co d’O qui se réveille enfin, quoique...].

2- L’inertie peut aussi se définir comme une résistance à la variation d’une vitesse; une résistance à un changement. Dans cette optique, la variation d’un état physique nécessite pour advenir l’investissement d’une énergie dont la grandeur peut se « quantifier ».

 

Le petit ROBERT 1. Inertie; propriété qu'ont les corps de ne pouvoir d'eux-mêmes changer l'état de repos ou de mouvement où ils se trouvent.

L'inertie de la matière : corps qui n'a ni activité ni mouvement propre.

Résistance que les corps opposent au mouvement et qui varie en fonction de leur masse. Immobilité.

Pia21338Jupiter. Maelstrom colossal de gaz en fusion et en affrontements constants. [Photographie NASA].

 

L’accélération modifie la vitesse instantanée d'un corps (la vitesse observée). En émerge les mouvements accélérés avec leurs propriétés propres d’observation et d’évaluation… et de ressentis. Et c'est notre estomac qui va le remarquer et s'en offusquer.

Ainsi la première loi du mouvement d’Isaac Newton (1687) ne distingue pas la vitesse constante d’un objet de son immobilité, de son repos. Aussi dans cette loi deux possibles simultanés cohabitent; et une indistinction ici aussi persiste. « Les corps se déplacent en ligne droite à vitesse constante ou demeurent immobiles, à moins qu’une force ne s’exerce qui modifie leur vitesse ou leur direction ». Cependant Isaac Newton lui-même ne croyait pas au concept de « force » à l'origine du mouvement telle qu’évoquée à son époque par Aristote.

Copie 112 K° JupiterLa planète Jupiter et ses tourments. [Photographie NASA].

 

_ Papa ! C’est quoi l’immobilité ? C’est un mouvement invariant, blog. Ainsi le repos reste un mouvement. En fait l’immobilité est un mouvement aux effets physiques partiellement invisibles et impalpables et de ce fait sans ressentis pour tout observateur. En conséquence, le le lieu « d’où se projette l’observation » conditionne partiellement le résultat de la mesure et le contenu de l’observation. Dès lors l'observation ou la mesure, conjuguée au phénomène observé créent une « réalité d'observation » valide uniquement pour le lieu d’où part l’observation et où se situe l'observateur.

Ainsi l'inertie galiléenne détermine une réalité localisée et orientée dans l'espace et le temps. Cependant paradoxalement émergera toujours de l’observation une exactitude fondée sur une vérité de qualité relativiste et toujours locale. 

Nuage cosmos 183 K°Une Nébuleuse; une zone de gaz éthérée du cosmos, une zone de matière peu dense et aux contours flous. Une zone de l’espace animée de déformations « lentes et tranquilles ». _ Toute cette histoire nous semble bien nébuleuse.

LUCY d’Enfer l'éthérée. Le 11 Décembre 2016. En repos et lente même les jours travaillés.

Bibliographie.

Bernard DIU. Traité de Physique à l’Usage des Profanes. Edition Odile Jacob. Sciences.

Guy Louis GAVET. Comprendre Einstein. EYROLLES pratique.

Mensuel Ciel& espace. Janvier/Février 2016. N° 545. Cosmos.

La Recherche. N° 508. Février 2016.Voyage au cœur du système Solaire.

Richard BROWN. 3 Minutes pour Comprendre. Les 50 plus grandes théories mathématiques.

Le petit ROBERT des Noms propres. Dictionnaire illustré. La culture de référence.

* Bruce Benamran. Prenez 'e le temps d'y penser.

Olivier REY. François JULLIEN. Jean BRUN. 2500 ans d’évidences. Une conférence Nivernaise.

Joanne BAKER. Les lois essentielles de la physique pour tous. Librio. Mémo. 3€