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Le petit coin du philosophe déboussolé. Et l’horizon se dérobe parfois à notre regard.

 

Un monde immuable tel qu’il fut pensé par les philosophes grecs de Milet [-Ve siècle] est dépourvu de toute évolution et ne peut ainsi muter, changer. Un tel univers dont toute chronologie est absente ne possède ni commencement, ni fin; il est immobile et sans origine. De fait, l’argument de Parménide, « du est ne peut-être du sera » invalide tout changement de la Substance, l’existence de toute évolution. Ainsi d’un passé sans origine et d’un monde sans chronologie ne peut jaillir de « futur » en devenir.

En réponse à ces interrogations, les savants atomistes forgèrent la Clé primitive, celle de la « dualité »; la dynamique nécessaire aux changements de l’univers. Ainsi la dualité « vide-atomes insécables » des Grecs anciens [Antique en kit] impose les nécessaires échanges relativistes; un système aux interactions fondées sur les comparaisons physiques. Ainsi est-il nécessaire d’être au-moins deux pour soutenir des comparaisons.

Les systèmes physiques « isolés » tels que pensés par Galileo Galilée sont autonomes dans leur fonctionnement, c’est-à-dire autocentrés. Dans ce cadre les échanges ne peuvent-être « qu’intérieurs » au système. Il n’existe alors aucun échange avec le contexte, l’environnement, c’est-à-dire avec « l’extérieur ».

Ainsi Galilée distingue deux mondes théoriques qui s’ignorent; le monde intérieur au fonctionnement relativiste et autarcique et qui forme un univers strictement isolé du monde extérieur, du contexte. Son intérieur est alors le lieu d’échanges incessants construits sur des comparaisons. Se devine un monde d’interfaces qui communiquent sur la base de leurs différences ou de leurs similitudes relatives. Se distingue alors un étrange « mouvement relativiste » incessant qui se matérialise dans des différentiels signifiants.

Ainsi Galilée distingue deux mondes théoriques qui s’ignorent; le monde intérieur au fonctionnement relativiste fait d’échanges incessants et strictement isolé du monde extérieur, le contexte. Se construit dans son expérience de pensée une frontière irréductible séparant ces systèmes définitivement étrangers l’un à l’autre.

_ Chez ces genres-là, monsieur, aucun échange n’existe jamais avec l’extérieur, avec le contexte, avec l’étranger... on l’ignore même si celui-ci existe, et on l’ignore tout autant s’il n’existe pas.

Ici se fixe l’horizon de la certitude.

Ainsi un monde relativiste forcémment duel et vivant sur lui-même se nourrit-il de lui-même. Il grandit seul dans son for(t) intérieur en toute anthropophagie. Dès lors les échanges constructifs n’ont lieu qu’à l’intérieur du système et s’élaborent sur la base d'une dualité comparative; d'un « entre-deux » significatif.

_ Quand je me ronge les ongles, je grandis en anthropophagie ?

Tout le monde mange tout le monde, tout le temps dans les documentaires animaliers. Et parfois les animaux sont mangés crus tellement ils sont goulus... entre-eux; me dit horrifiée Clopî, elle-même un brin goulue. 

170px-Lautrec_moulin_rouge,_la_goulue_(poster)_1891  Le Moulin rouge, de confusion. Encyclopédie WIKIPEDIA. Affiche de Toulouse Lautrec qui en connaissait un sacré rayon sur la question du regard interactif; du regard goulu un brin vermoulu.

Ainsi l’autarcie construite sur le duel comparatif et les échanges permanents apporte réponse à l’argument Parménidien sans toutefois préjuger de la question de l’origine. De fait, un univers relativiste autorise le changement de la Substance et ainsi son évolution dans le temps. De simples différences ou similitudes animent les évolutions et le mouvement qui en résulte s’interprète comme le témoin matériel, observable des échanges en cours. Le variable ou le constant, l’invariant s’expriment dans le mouvement ou l’immobilité, c’est selon. Et dès lors persiste seul le mystère du premier Instant, le mystère de la présence.

th0 Nébuleuse planétaire

Aussi dans l'En-deçà, il y a ça... 

Une Nébuleuse. Cet amas gigantesque de gaz et de matière éthérée de faible densité « par rapport  » au vide environnant construit une « limite  de densité ». La matière ordinaire et sa masse impose la « densité » [les masses volumiques en concurrence] comme la « Grandeur ordonnatrice » d’un ordre universel, l’ordre des préséances. Ainsi la limite et le temps [la chronologie] naissent d'une échelle de densité signifiante qui s’exprime au travers de la multitude de ces différentiels en concurrence.

Cependant persiste et résiste la question de l’origine qui fonde le « rien » primitif, le similaire, ce qui n’est pas rien. Du Néant impensable surgit l’instant premier d’où émerge « l'indifférence primitive » ou le similaire; l’invisible. Puis jaillit de cette indifférence impalpable le quelque chose de visible, de palpable; « l’observable » comme le cap Horn émerge de l’horizon embrumé du marin en quête d'Amers. 

_ Et Saint Thomas est content ! Il peut mettre le doigt dessus.

 

Surgit de l'Au-delà incertain… le rien duel;le similaire, l’indifférent invisible- l'Inobservable.

Puis surgit de l'En-deçà certain… le quelque chose duel; la différence visible- l’Observable.

LUCY d’Enfer. Le 01 Février 2017. Et l’Amer se fit amer.